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mercredi 10 novembre 2004

Mercredi 10 - En mer

Beau temps. Quelques coins de ciel bleu. Une ample houle atlantique berce le Tage.

Emploi du temps d'une journée type pour mieux comprendre l'enfer que je vis :

Comme vous pouvez le constater, voilà un rythme de vie vraiment éreintant. Heureusement que j'aurai encore 10 jours de vacances à Montréal pour me remettre de tout ce stress. ;-)

Notre cap est toujours 260°. À 11 h 05, nous étions 48° 15' N, 17 ° 54' 70'' W, au dessus de la plaine de Porcupine (4500 à 4800 m. de profondeur). Vitesse : 16,8 nœuds. Il nous faut faire une moyenne de 17,77 nœuds pour prendre le pilote à 9 heures aux Escoumins. Le commandant, très courtois, m'a montré les cartes de l'arrivée. Je lui ai demandé s'il savait ce qu'il transportait, il n'en a aucune idée, seul le poids de chaque conteneur l'intéresse. Temp. eau : 14,7 °, air : 12,1°.

Dernière nouvelle : nous devrions avoir un nouveau coup de vent ce soir, plus fort que le précédent (qui était 6/7 Beaufort).

Le commandant croyait nos passagers arabes. je lui ai dit que ces derniers n'apprécieraient sûrement pas car ils se présentaient comme des juifs. Il n'arrive cependant pas à me croire et me met le doute dans l'esprit.

12 h 00. Déjeuner. La salle à manger, située sur tribord, est divisée en trois parties. Au centre, une grande table ronde où s'installent le commandant, le second et le chef mécanicien. Sur l'arrière, une table pour les autres officiers et les élèves, sur l'avant, une table pour les passagers.

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13 h 00. Encore changé d'heure. Chic, une heure de sieste en plus!

16 h 00. Belles lueurs du couchant. Bateau de pêche en vue.

Exercice incendie. En tant que passager, je suis censé, en ces circonstances, me rendre à la timonerie, mais, m'y trouvant déjà, le chemin ne fut pas bien long. J'ai écouté les compte-rendus essoufflés, venant par radio, des équipes d'exploration et de combat luttant vaillamment contre le feu au sein des machines. L'incendie fictif ayant été enfin maîtrisé et tout danger écarté, je pus regagner ma cabine.

19 h 00. Dîner. Couché tôt.

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Petit napperon de papier sur le fût de la combinaison de survie. Ah, l'ingéniosité décoratrice du marin !

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Sel déposé sur les vitres par les embruns du coup de vent d'hier.

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Le Tage taille sa route dans l'Atlantique.

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Publié par Laurent Gloaguen, le mercredi 10 novembre 2004 à 23 h 56.

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